Le café politique du 6 février 2009 co-animé par Robert Gary-Bobo et Serge Federbusch a réuni les adhérents et sympathisants de La Gauche Moderne autour de Jacques Delpla afin de débattre de "La réforme des services publics".

Jacques Depla a tout d'abord expliqué que, jusqu'à un passé proche, le principe de base du fonctionnement des services publics, était que les monopoles rentables permettaient, dans une certaine mesure, de compenser les pertes d'autres secteurs d'activités de l'Etat. Dans une situation de déficit croissant du pays, cet axiome n'est plus d'actualité, d'autres solutions doivent être trouvées. Une première étape a été franchie en 1994 avec le début de la dérégulation du trafic aérien en France. A cette occasion, 24 lignes aériennes ont été définies comme relevant du service public, donc nécessitant des subventions de l'Etat, et ont été mises aux enchères, la compagnie aérienne présentant le plus bas coût remportant la mise. Il est à noter qu' Air France, alors en tout début de restructuration, ne remporta la desserte que sur deux de ces lignes. De manière générale, Jacques Delpla suggère un même schéma pour l'ensemble des secteurs d'activités, une "bonne libéralisation", de "laisser faire", la solution de la subvention mise aux enchères lui semblant actuellement la meilleure.
La mise en concurrence avec gratuité est également une piste a explorer, par exemple pour le service de la poste, solution déjà expérimentée dans d'autres pays comme le Danemark. Le problème de la "corruption de l'Etat", ou "démocratie de connivence" a été soulevé par Jacques Delpla avec la nécessité de remettre à plat le système qui réserve les postes à hautes responsabilités aux grands corps de l'Etat. Les phénomènes de lobby sont également évoqués, dans les domaines de la pharmacie, des taxis et également du système bancaire en collusion avec le Trésor d'après un intervenant.
Jacques Delpla évoque la possibilité de diversifier la formation des élites et de faire éventuellement appel à des étrangers pour apporter des idées nouvelles. A ensuite suivi un débat technique sur la finance en général et les manières de tenter de réguler les marchés. Jacques Delpla a insisté sur la nécessité "d'intéresser au changement" les différentes corporations afin d'assurer la faisabilité des réformes. Le débat a ensuite porté sur les éventuelles réductions de poste dans le secteur public, et les moyens d'éviter qu'elles n'augmentent le nombre de chômeurs. La flexisécurité est alors évoquée, notion que nous développerons dans l'un de nos prochains articles.
Ce deuxième café politique a une nouvelle fois été très sympathique, les idées présentées très novatrices, propices à une nouvelle réflexion très concrète sur les services publics.
Nous continuons donc sur cette lancée, rendez-vous au prochain café politique de La Gauche Moderne Paris.
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