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31.03.2009
Café politique du 1er avril
Le prochain café politique aura lieu le mercredi 1er avril à 20h au café du Pont Neuf (métro Pont Neuf), le thème sera
"Femmes et enfants, premières victimes des drames humanitaires :
le cas du Darfour"
En présence du Dr Jacky MAMOU, président du Collectif Urgence Darfour, ancien président de Médecins du Monde
Avec le témoignage d'une femme réfugiée darfouri
Le débat sera animé par Serge FEDERBUSCH, animateur de la fédération de Paris et Francine GIROND animatrice de la commission "Femmes dans la société"
10:26 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café politique francine girond
23.03.2009
Café politique du 17 mars
En présence de Jean-Marie BOCKEL, plus de soixante personnes étaient présentes au dernier café politique organisé par la fédération de La Gauche Moderne de Paris.
Serge FEDERBUSCH a tout d'abord présenté les deux intervenants au débat, Jean-Marie BURGUBURU, ancien Bâtonnier de Paris et Laurent BEDOUET, Secrétaire Général de l'Union Syndicale des Magistrats. Il a ensuite rappelé les résultats d'un récent sondage effectué dans plusieurs pays, qui place la France en avant-dernière position concernant le taux de confiance en la justice accordée par les citoyens, ceci juste devant la Turquie.
Jean-Marie Bockel s'est félicité du nombre et de la qualité du public. Il a dit qu'il appréciait le dynamisme de la fédération de Paris et l'organisation des cafés politiques puis il a souligné l'importance de la question d'une bonne justice dans la France d'aujourd'hui.
Monsieur Burguburu a d'entrée précisé que de nombreuses instances en France garantissaient l'indépendance de la justice. Il a ensuite posé le problème de la tentation des victimes de remplacer la justice par l'opinion publique, s'appuyant en cela sur le procès du drame de l'immeuble incendié à l'Hay les Roses, en l' occurrence une condamnation plus forte des jeunes impliqués n'était pas possible au regard de la loi. Il a souligné par la suite que "les juges donneurs de leçon de morale ne sont pas de bons juges".
Laurent Bedouet est intervenu en présentant son syndicat qui a obtenu 65% des voix lors des dernières élections professionnelles le rendant représentatif des magistrats Français. Il a souligné qu'il existe actuellement une véritable démoralisation du corps de la magistrature. Le budget de la justice s'élève à 6 milliard d'Euros contre 60 milliards à l'éducation nationale, 36 milliards à la défense et 3 milliards au ministère de la culture. Laurent Bedouet estime que cet effort budgétaire n'est pas suffisant. D'après lui, "la situation est désastreuse" par rapport aux autres pays européens du point de vue du nombre des fonctionnaires travaillant pour le ministère de la justice : dans certains secteurs 4 fois plus de personnes sont au service de l'institution en Espagne par exemple. Il regrette également l'état de délabrement de certains palais de justice.
Concernant la réforme du Conseil suprême de la Magistrature, tous les deux regrettent que les magistrats n'y soient plus majoritaires. D'après Jean-Marie Burguburu : "les politiques ont souvent peur des magistrats", sans raison véritable d'ailleurs.
Suite à une question posée dans la salle, il est précisé que la responsabilité pénale des magistrats est la même que celle de tout citoyen, leur responsabilité disciplinaire étant quant à elle engagée vis à vis de la profession.
Laurent Bedouet s'inquiète de la disparition prévue du juge d'instruction. Jean-Marie Burguburu rappelle que le problème du juge d'instruction est lié à sa solitude et aux erreurs d'interprétation qu'elle peut entraîner. Le Secrétaire Général de l'USM souligne le bon travail de la commission parlementaire d' Outreau. Il était favorable à la réforme prévoyant que les juges d'instruction travaillent de manière collégiale mais critique le fait qu'une réforme vienne changer totalement le fonctionnement des mises en examen au bout de seulement 6 mois, sans bilan de la précédente. Serge Federbusch soulève ensuite que les citoyens peuvent s'émouvoir du danger du corporatisme.
Jean-Marie Burguburu revient sur le problème de confiance en la justice et relie ceci à l'idée plus générale de la confiance mutuelle que se portent les différents groupes de la société. Selon lui, on va de plus en plus loin dans la mise en cause de responsabilités dans tous les domaines, ce qui est positif mais qui risque de tourner à la crise de défiance.
M. Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur général près la cour de Cassstion et directeur du cabinet du garde des sceaux, qui participait au débat, a mis en garde contre la volonté croissante de chercher un bouc-émissaire à tous les problèmes sociaux via la justice.
Serge Federbusch a conclu en soulignant que les problèmes de notre pays sont souvent engendrés par ce que l'on peut qualifier de " société de défiance ".
Rendez-vous à notre prochain café politique dont la date et le thème vous seront communiqués sur le blog.
14:12 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café, politique, gauche moderne
09.03.2009
Le Grand Paris : une urgence !
Avant même le déclenchement de la crise économique qui nous frappe, le Grand Paris était une bonne idée en soi. Sa réalisation devient aujourd’hui indispensable au simple maintien de notre niveau de vie. Car, dans un monde urbanisé et une économie fondée sur l’innovation, la connaissance et les réseaux, les métropoles économiques seront les fers de lance du retour de la croissance. Si la France ne peut s’appuyer sur une région capitale dynamique et tendue vers le développement, c’est tout le pays qui sera à la traîne, avec pour seule consolation un discours narcotique sur la décroissance.
Dans ces conditions, les arguties et les pincements de nez sur les propositions de la commission Balladur doivent être dénoncés avec force. S’il y a un sujet sur lequel les élus devraient oublier la défense de leurs prés carrés et les partis renoncer à la logique de l’affrontement politicien, c’est bien celui-là.
Aucun des problèmes auxquels Paris est confronté ne peut en effet, aujourd’hui, trouver de solution intra-périphérique. Le logement trop cher dans une ville dense, la fuite des entreprises en quête d’espace, les transports congestionnés et qui exigent des investissements massifs, une université à l’étroit, une politique culturelle qui tend se résumer à des illuminations de façade et de l’animation pseudo-balnéaire et qui néglige la création populaire : Paris n’est déjà plus dans Paris. Si cette ville s’enferme dans sa frontière de 1860, elle déclinera inexorablement. Symétriquement, la région Île-de-France, dont aucun habitant ou presque n’a en tête les limites physiques et dont très peu savent à quoi elle sert, gagnerait à voir son centre renforcé dans ses relations avec sa périphérie.
La solution « Balladur » d’une densification administrative, où la petite couronne deviendrait le cœur qui pulserait son rythme à toute la région, répond à une logique très profonde : le bassin parisien s’est développé depuis des siècles de manière radioconcentrique et il est vain de vouloir lutter contre ce phénomène quasi-naturel. Le demi-échec des villes nouvelles, qui n’ont pu focaliser autour d’elles des pôles de développement alternatifs à Paris, en est la preuve. Et il sera bien difficile, dans le futur, de promouvoir des « clusters » scientifiques, industriels ou de services en moyenne ou grande couronne s’ils ne sont pas connectés facilement avec le cœur de l’agglomération.
Négligeant ces phénomènes de fond comme ces urgences, le maire de Paris et le président de la région ont immédiatement réagi aux propositions « Balladur » en purs politiciens : on chercherait noise à leurs mandats. Tout va très bien messieurs les marquis ! L’ectoplasmique syndicat Paris Métropole ou le poussif et distant conseil régional suffisent à la tâche, merci pour eux. Paris Métropole en particulier n’est qu’une sorte de "gloubiboulga institutionnel", qui ne peut prendre des décisions qu’à l’unanimité, c'est-à-dire jamais dès qu’un sujet fâche ou est difficile à arbitrer.
C’est à croire que les problèmes de logement, de transport, de finances et de développement précédemment évoqués n’existent pas … Mais ils sont bel et bien réels. Et ils ne pourront être traités que par un conseil métropolitain élu au suffrage universel direct et compétent pour toutes les questions qui réclament des synergies entre les collectivités existantes. Quelles que soient les précautions oratoires qu’on prenne, il devrait en toute logique être substitué aux conseils généraux. Cela permettrait accessoirement de faire des économies sur le coût de fonctionnement d’un dispositif aujourd’hui pléthorique.
Hélas, face à la crise économique et aux aléas parlementaires, le risque est grand que la réforme institutionnelle suggérée par la commission Balladur n’apparaisse plus comme une priorité. Hélas encore, le recours au referendum local, introduit dans la constitution en mars 2003 dans un article 72-1, est verrouillé au profit des assemblées locales qui sont souveraines pour décider ou non de les organiser. Autant dire qu’à Paris et en Île-de-France, la question n’est pas près d’être posée aux citoyens.
La seule solution pour en sortir serait l’utilisation par le président de la République de l’article 11 de la constitution, parfaitement adapté puisqu’il s’agit de modifier l’organisation des pouvoirs publics. Mais elle est hautement périlleuse à un moment où la crise économique rend tout pouvoir impopulaire. Faudra-t-il attendre que l’approfondissement des problèmes de transport et de logement ou que la déroute financière des collectivités locales soient telles que le choix ne puisse plus être repoussé ? En entendant les cris d’orfraie poussés contre le Grand Paris, on se dit en tout cas que l’idée est bonne et qu’il faut la défendre haut et fort.
Serge FEDERBUSCH
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