10.04.2009
Café politique du 1er avril
"Femmes et enfants, premières victimes des drames humanitaires : le cas du Darfour"
Les trois intervenants de la soirée étaient le Dr Jacky MAMOU, Président du Collectif Urgence Darfour, Eiman ABULGASIM AL NOOR, ambassadrice des femmes pour la paix au Darfour et le Dr Bertrand LEBEAU, Secrétaire Général adjoint du Collectif Urgence Darfour, médecin humanitaire. Le débat était animé par Francine GIROND animatrice de la commission "Femmes dans la société".
Francine Girond et Bertrand Lebeau présentent tout d'abord l'historique de la situation au Darfour. Le Soudan est un pays multi-éthnique où coexistent plusieurs religions dont les chrétiens, les animistes et les musulmans, ces derniers étant le groupe religieux majoritaire. Ce plus grand pays d'Afrique est dirigé depuis 1956 par les arabes islamiques de la vallée du Nil, du coup seule région valorisée pendant que le reste du Soudan est plus ou moins abandonné, état de fait qui est à l'origine des conflits secouant le pays entre les Arabes, les Nubiens,les Bedjas. Un coup d'état a eu lieu en 1989, fomenté par un groupe proche des Frères Musulmans qui avait remporté 10% des suffrages lors des élections précédentes, coup d'état à la suite duquel a repris une Jihad contre le sud du pays. Il est à noter que c'est dans ces années-là que le Soudan a accueilli Ben Laden et Carlos entre autres sur son sol. Des révoltes éclatent contre le pouvoir dictatorial chez les Bedjas à l'Est et au Darfour. Le Darfour, région presque aussi grande que la France, comporte alors 6 à 7 millions d'habitants dont deux tiers de Noirs Africains cultivateurs, le reste de la population étant composée de tributs nomades arabes ayant pour activité l'élevage. Les problèmes d'alimentation en eau et l'explosion démographique n'ont alors fait qu'empirer les tensions naturelles entres les deux groupes, le gouvernement central ne faisant rien pour les apaiser, son but étant l'arabisation et l'islamisation totale du Soudan.
Les victimes estimées sont actuellement à 300 ou 400 000 morts et 2 millions de déplacés. Les viols, puits empoisonnés et massacres sont monnaie courante. Une des tactique classique de l'anéantissement d'un village consiste à son encerclement par l'armée régulière puis par l'envoi de la milice pour commettre les exactions. La communauté internationale tente d'apporter une aide humanitaire mais celle-ci est volontairement freinée par le pouvoir en place.
La cour pénale internationale a été saisie en 2005 et le 14 juillet 2008, son procureur a demandé l'arrestation de Omar el-Béchir, inculpé de crimes de guerre, crime contre l'humanité et génocide. Le 4 mars 2009, la cour pénale internationale a émis un mandat d'arrêt international à l'encontre d'Omar el-Béchir accusé de crimes contre l'humanité et crimes de guerre.
Vient ensuite le témoignage très digne de Eiman Abulgasim Al Noor.
Pour elle il ne s'agit pas d'un conflit mais bel et bien d'un génocide. Le viol systématique est une arme politique. Soit les enfants qui en sont issus sont éliminés, soit les femmes sont répudiées et livrées à elles-mêmes. Les populations sont rassemblées dans des camps, 75% des personnes sont des femmes et des enfants. Si les femmes quittent leur enceinte, elles risquent à nouveau de se faire violer, quelquefois c'est aussi le seul moyen d'obtenir de la nourriture car les ONG n'ont que très difficilement accès à ces camps. D'après les dires de Eiman Abulgasim Al Noor, certains membres des forces de l'Union africaine commettent également ces sortes de crimes.
A un niveau national, le nouveau "Code de l'ordre public" empêche les femmes de travailler dans certaines professions comme vendeuse de thé, vendeuse ambulante, tenir une station-service. Certes les professions comme docteur ou enseignant sont accessibles mais la grande majorité des femmes est illettrée.
Eiman Abulgasim Al Noor demande que les femmes soient prises en compte lors des pourparlers concernant leur sécurité, le partage des richesses et l'accès au pouvoir (il y a du chemin car pour l'instant lorsque son mari meurt une épouse fait partie de l'héritage destiné à la belle-famille).

Suite à des échanges avec la salle, il est également précisé que la Chine exploite 90% des ressources pétrolières du Soudan.
Ils existent plusieurs freins à la médiatisation de ce génocide, on peut citer le fait que le pouvoir en place soit islamiste, d'où la crainte d'éventuels d'attentats dans les pays occidentaux, la Chine a intérêt que personne ne mette le nez dans les affaires que les Chinois peuvent faire sur place ou encore la France reste très intéressée par la stabilité Tchad pays limitrophe.
La seule chance pour que le régime change réside dans l'éventualité que Béchir soit lâché politiquement en interne mais également au niveau international.
11:26 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : darfour, gauche poderne, francine girond
31.03.2009
Café politique du 1er avril
Le prochain café politique aura lieu le mercredi 1er avril à 20h au café du Pont Neuf (métro Pont Neuf), le thème sera
"Femmes et enfants, premières victimes des drames humanitaires :
le cas du Darfour"
En présence du Dr Jacky MAMOU, président du Collectif Urgence Darfour, ancien président de Médecins du Monde
Avec le témoignage d'une femme réfugiée darfouri
Le débat sera animé par Serge FEDERBUSCH, animateur de la fédération de Paris et Francine GIROND animatrice de la commission "Femmes dans la société"
10:26 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café politique francine girond
23.03.2009
Café politique du 17 mars
En présence de Jean-Marie BOCKEL, plus de soixante personnes étaient présentes au dernier café politique organisé par la fédération de La Gauche Moderne de Paris.
Serge FEDERBUSCH a tout d'abord présenté les deux intervenants au débat, Jean-Marie BURGUBURU, ancien Bâtonnier de Paris et Laurent BEDOUET, Secrétaire Général de l'Union Syndicale des Magistrats. Il a ensuite rappelé les résultats d'un récent sondage effectué dans plusieurs pays, qui place la France en avant-dernière position concernant le taux de confiance en la justice accordée par les citoyens, ceci juste devant la Turquie.
Jean-Marie Bockel s'est félicité du nombre et de la qualité du public. Il a dit qu'il appréciait le dynamisme de la fédération de Paris et l'organisation des cafés politiques puis il a souligné l'importance de la question d'une bonne justice dans la France d'aujourd'hui.
Monsieur Burguburu a d'entrée précisé que de nombreuses instances en France garantissaient l'indépendance de la justice. Il a ensuite posé le problème de la tentation des victimes de remplacer la justice par l'opinion publique, s'appuyant en cela sur le procès du drame de l'immeuble incendié à l'Hay les Roses, en l' occurrence une condamnation plus forte des jeunes impliqués n'était pas possible au regard de la loi. Il a souligné par la suite que "les juges donneurs de leçon de morale ne sont pas de bons juges".
Laurent Bedouet est intervenu en présentant son syndicat qui a obtenu 65% des voix lors des dernières élections professionnelles le rendant représentatif des magistrats Français. Il a souligné qu'il existe actuellement une véritable démoralisation du corps de la magistrature. Le budget de la justice s'élève à 6 milliard d'Euros contre 60 milliards à l'éducation nationale, 36 milliards à la défense et 3 milliards au ministère de la culture. Laurent Bedouet estime que cet effort budgétaire n'est pas suffisant. D'après lui, "la situation est désastreuse" par rapport aux autres pays européens du point de vue du nombre des fonctionnaires travaillant pour le ministère de la justice : dans certains secteurs 4 fois plus de personnes sont au service de l'institution en Espagne par exemple. Il regrette également l'état de délabrement de certains palais de justice.
Concernant la réforme du Conseil suprême de la Magistrature, tous les deux regrettent que les magistrats n'y soient plus majoritaires. D'après Jean-Marie Burguburu : "les politiques ont souvent peur des magistrats", sans raison véritable d'ailleurs.
Suite à une question posée dans la salle, il est précisé que la responsabilité pénale des magistrats est la même que celle de tout citoyen, leur responsabilité disciplinaire étant quant à elle engagée vis à vis de la profession.
Laurent Bedouet s'inquiète de la disparition prévue du juge d'instruction. Jean-Marie Burguburu rappelle que le problème du juge d'instruction est lié à sa solitude et aux erreurs d'interprétation qu'elle peut entraîner. Le Secrétaire Général de l'USM souligne le bon travail de la commission parlementaire d' Outreau. Il était favorable à la réforme prévoyant que les juges d'instruction travaillent de manière collégiale mais critique le fait qu'une réforme vienne changer totalement le fonctionnement des mises en examen au bout de seulement 6 mois, sans bilan de la précédente. Serge Federbusch soulève ensuite que les citoyens peuvent s'émouvoir du danger du corporatisme.
Jean-Marie Burguburu revient sur le problème de confiance en la justice et relie ceci à l'idée plus générale de la confiance mutuelle que se portent les différents groupes de la société. Selon lui, on va de plus en plus loin dans la mise en cause de responsabilités dans tous les domaines, ce qui est positif mais qui risque de tourner à la crise de défiance.
M. Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur général près la cour de Cassstion et directeur du cabinet du garde des sceaux, qui participait au débat, a mis en garde contre la volonté croissante de chercher un bouc-émissaire à tous les problèmes sociaux via la justice.
Serge Federbusch a conclu en soulignant que les problèmes de notre pays sont souvent engendrés par ce que l'on peut qualifier de " société de défiance ".
Rendez-vous à notre prochain café politique dont la date et le thème vous seront communiqués sur le blog.
14:12 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café, politique, gauche moderne
07.02.2009
Café politique du 6 février 2009
Le café politique du 6 février 2009 co-animé par Robert Gary-Bobo et Serge Federbusch a réuni les adhérents et sympathisants de La Gauche Moderne autour de Jacques Delpla afin de débattre de "La réforme des services publics".

Ce deuxième café politique a une nouvelle fois été très sympathique, les idées présentées très novatrices, propices à une nouvelle réflexion très concrète sur les services publics.
Nous continuons donc sur cette lancée, rendez-vous au prochain café politique de La Gauche Moderne Paris.
20:01 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18.01.2009
Café politique
Le premier café politique de La Gauche Moderne Paris qui a eu lieu vendredi 16 janvier au "Café du Pont Neuf" a été un véritable succès.

Trois intervenants ont animé le débat:
Rachid Kaci, conseiller du Président de la République Nicolas Sarkozy, chargé de la politique de la ville et de la diversité
Masjid El Jaroudi, Président d'une association ayant pour but de favoriser le développement des entreprises créées dans les quartiers "difficiles"
Touria Jaaidane, Professeur d'économie à l'université de Lille
Serge Federbusch, animateur de la fédération de Paris, a tout d'abord exposé le principe du café politique puis a ensuite lancé le débat en présentant la diversité comme un moyen de lutter contre le communautarisme.
En guise d'introduction, Rachid Kaci a tenu à affirmer son attachement à une discrimination positive fondée sur l'origine sociale et non pas ethnique. Il a ensuite été question du danger du communautarisme, entraîné et renforcé par des groupes extremistes téléguidés de l'extérieur du territoire Français pour certains. La recherche de moyens de lutte contre cet état de fait doit se poursuivre, sachant qu'ils permettent quelquefois aux élus d'acheter une certaine paix sociale. Le conflit israélo-palestinien a été évoqué, conflit qui d'une certaine façon rend encore plus inopportune le discrimination positive ethnique. A ce propos, l'ensemble des participants s'est étonné de la présence, lors d'une manifestation récente, de membres du NPA et de membres dissidents du PS aux côté de sympathisants du Hamas.
Masjid El Jaroudi a présenté son action pour les entrepreneurs en faisant le parallèle avec une organisation américaine : "Spare Diversity" qui incite les entreprises importantes à diversifier les origines de leurs fournisseurs. L'objet de l'association en France est également de faire connaître les entrepreneurs des "quartiers" auprès des plus grandes entreprises.
Les participants étaient unanimes pour saluer la convivialité et la qualité de ce premier café politique.
Vous serez informés dès que la date du prochain café sera arrêtée!
22:13 Publié dans Café politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : café, politique, gauche moderne





