09.01.2008

Le Grand Paris enfin dans la campagne

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Dans sa conférence de presse du mardi 8 janvier le président de la République a apporté un soutien de choix à l'axe choisi par notre fédération pour la campagne municipale : le Grand Paris. Nicolas Sarkozy s'est engagé à "ne pas laisser enliser" ce projet en affirmant qu'il allait "s'impliquer personnellement dans ce chantier".

Nouvelle vision porteuse d’un souffle qui doit permettre de relever les défis colossaux qui sont lancés à la capitale en matière d’urbanisme, de logement, de développement durable et de cohésion sociale. Ce nouveau dessein pour Paris est pragmatique. Il a donc vocation à rassembler les énergies bien au-delà des clivages traditionnels et partant, tout en mettant en mouvement les territoires, de faire bouger les lignes.

Cependant, plutôt que de promouvoir les nouvelles solidarités et les nouvelles libertés portées par la perspective d’un Grand Paris, le maire actuel, comme ses prédecesseurs,  s’obstine à confiner l’administration municipale dans des bornes qui n’ont pas changé… depuis 1859 ! Alors que la capitale britannique distance Paris grâce au Grand Londres, la majorité municipale se contente frileusement d’un dialogue intercommunal au sein de la « Conférence métropolitaine » qu’il a mis en place pour préserver le statu quo et que Philippe Goujon, président de la fédération de Paris de l'UMP, a qualifié à bon droit "d'aimable réunion" .

Ainsi, au lieu de prendre « un temps d’avance » comme l’avance un de ses slogans l'équipe actuelle n’est-elle pas en passe de condamner Paris à n’être qu’un musée et à regarder l’avenir dans un rétroviseur ?

Face à la gauche archaïque et idéologique, La Gauche Moderne entend défendre les solutions sociales et  libérales qui seules peuvent permettre à Paris d’entrer enfin dans le XXIe siècle.

L'actualité de la campagne nous donnera, dans les semaines qui viennent, l'occasion de décliner notre plate-forme parisienne autour de cet axe novateur du Grand Paris qui permet enfin de répondre aux défis du futur que le SDRIF (Schéma Directeur de la Région Ile-de-France), à l'échelle de la région, et le PLU (Plan Local d'Urbanisme), à l'échelle de la ville, sont aujourd'hui incapable de relever.

 

Michel Leter

04.01.2008

Vélib' : les leçons d'un coup d'arrêt

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Une fois encore la muraille administrative qui confine Paris dans des bornes inchangées depuis 1859 a dicté sa loi.

Rien ne semblait pourtant s'opposer à ce que le succès du Vélib' lui permette de franchir le périphérique d'autant que, dans l'enthousiasme général, le Conseil de Paris, par une délibération du 19 décembre, avait décidé d'étendre le Vélib' à trente communes limitrophes.

Hélas, la réalité parisienne vient de rattraper les amoureux de la petite reine : nous avons appris hier, par une dépêche de l'agence Reuters que le projet de "déploiement du Vélib" confié au groupe JC Decaux venait d'être annulé par le tribunal administratif suite à une plainte de la société Clear Channel rivale malheureuse du groupe Decaux.

Ce coup d'arrêt pose un double question, celle de l'attribution des marchés à Paris et celle de l'archaïsme des structures administratives qui régissent les relations de la capitale et de son agglomération.

Le marché approuvé par le Conseil de Paris prévoyait l'implantation de 300 nouvelles stations (soit 4500 vélos) par la Somupi, filliale de JC Decaux. Les règles de la concurrence, qui sont censées protéger le contribuable parisien, jouent-elles tout leur rôle dans cette affaire ? Un article du Figaro économie daté du 12 juillet 2007 nous a déjà informé des facilités offertes au groupe Decaux dans le cadre de l'accord global signé avec la Ville de Paris. Albert Asséraf, directeur de la stratégie du groupe Decaux, y révélait que les termes de l'accord devraient autoriser le groupe, qui est déjà n°1 mondial du mobilier urbain, à doubler son chiffre d'affaires dans la capitale grâce à la possibilité d'installer des panneaux déroulants (de 30 millions à 60 millions). Il faut savoir que ces dispositifs ne sont pas frappés par la décision de la Ville de limiter l'affichage urbain qui ne concerne que les panneaux fixes.

Cette sollicitude de la mairie pour les grands groupes nous semble très éloignée de ce que devrait être une politique "de gauche". Ne serait-il pas opportun de réserver une part plus importante des marchés publics parisiens aux PME qui, bien que représentant l'essentiel du tissu économique parisien, ne bénéficient manifestement pas des mêmes faveurs que les groupes Decaux, Lagardère et Vinci ? D'autres indicateurs comme la diversité et la lutte contre les discriminations devraient être mieux pris en compte dans le cahiers des charges des entreprises choisies, notamment lorsqu'il s'agit d'étendre tel ou tel réseau à la banlieue.

Il ne suffit donc pas, comme l'indique la mairie dans son communiqué, de déposer un recours devant le Conseil d'Etat pour répondre aux questions soulevées par l'annulation de la décision d'extension du Vélib', d'autant qu'elle renvoie cruellement à l'absence du Grand Paris dont la perspective inspire l'action de la fédération de Paris de La Gauche Moderne. En effet, l'existence du Grand Paris aurait  à l'évidence permis de concevoir le projet Vélib' de façon globale, en tenant compte dès le départ des besoins de l'agglomération. L'argumentation du tribunal administratif motivant l'annulation repose justement sur le fait que l'extension "constitue un nouveau marché dès lors qu'elle aurait pour effet de fournir dans chacune des communes un réel service de bicyclette en libre service". A rebours de ce modèle dépassé, le Grand Paris aurait pour vertu de rétablir la continuité territoriale qui, tant en matière de transport que d'urbanisme, est la condition sine qua non d'un développement libre et socialement cohérent de l'agglomération parisienne.

Michel Leter

 

24.12.2007

Logement social : exigeons la transparence

be132476d769105557a617c74191d8de.jpgLa révélation par le Canard enchaîné des avantages dont bénéficie M. Bolufer, directeur de cabinet du ministre du logement, relance à point nommé non seulement le débat sur la transparence en matière d'attribution des logements sociaux de la ville mais également sur la nature même de la politique sociale du logement à Paris.

La campagne municipale s'enlisait dans des affrontements convenus réduits à une  bataille de chiffres sur les logements sociaux construits et attribués. De qui se moque-t-on ? Les 100 000 personnes inscrites sur les listes d'attente on le droit de savoir qui voient depuis des années élus, journalistes et vedettes du show-biz se soustraire à un marché où ils auraient largement les moyens d'entrer pour se voir attribuer des logements conçus pour d'autres.

Face à un tel scandale, la mesure élémentaire qui consisterait à réserver les logements sociaux à ceux qui en ont vraiment besoin apparaît pourtant, à nombre de nos élus, comme une solution simpliste.

Il faut donc probablement prendre de la hauteur, si l'on veut empêcher qu'une certaine classe politique parisienne noie à nouveau le poisson et si l'on entend apporter les éléments d'une réponse efficace à la crise du logement sur Paris, qui comme le rappelle Christian Julienne est une "crise fabriquée".

Le cas Bolufer est intéressant car, dans la mesure où il occupe son logement depuis 1981, date où M. Bolufer travaillait pour Jacques Chirac (au moins ce n'était pas un emploi fictif !) on pourrait penser qu'il représente une scorie de la queue de la comète du tibéro-chiraquisme. Si le maire actuel a vraiment rompu avec les pratiques de ses prédecesseurs, on pourrait aisément lui pardonner que quelques cas isolés soient passés entre les mailles du filet.

Qu'en est-il ? Pour y voir plus clair, il convient d'abord de se souvenir qu'une semblable poussée de fièvre, l'année dernière, avait conduit M. Delanoë à prendre la louable initiative de commander un rapport à l'Inspection générale de la ville de Paris. Publié en avril 2006, ce document mettait en lumière plusieurs faits qui permettrent de répondre à la question de la rupture avec les anciennes pratiques. Nous citons ici la synthèse de ce document rédigé par "Le Perroquet libéré" :

"1) Un nombre significatif d'élus parisiens ou de collaborateurs d'élus bénéficient d'un logement social :
Selon le rapport, ils sont au nombre de 224, dont 24 conseillers de Paris et 77 conseillers d'arrondissement.

2) L'attribution de logements sociaux à des élus parisiens ou à leurs collaborateurs s'est poursuivie malgré l'élection de Bertrand Delanoë en 2001 : 66 élus ou collaborateurs d'élus ont bénéficié d'un logement social depuis.

3) Le maire de Paris a lui-même attribué des logements à des conseillers d'arrondissement ou des collaborateurs d'élus : 5 logements ont été attribués dans ce sens sur le contingent du maire de Paris.

4) En proportion, les élus parisiens et leurs collaborateurs sont davantage logés en HLM que la moyenne de la population parisienne  22% des élus parisiens et de leurs collaborateurs occupent un logement social alors que ce pourcentage est de 18,4% pour la moyenne de la population.

5) Les loyers des appartements attribués à des élus ou à leurs collaborateurs peuvent être très inférieurs au prix du marché 72 élus ou collaborateurs d'élus sont logés dans des logements au prix moyen de 8,94 euros le mètre carré (logement de type PLUS). Les auteurs du rapport d'inspection précisent, comme pour rassurer le lecteur, que les logements les plus chers dans cette catégorie peuvent légèrement dépasser 1.000 euros pour des F4, F5 et F6.

6) Les attributions de logement sociaux à des élus ou des collaborateurs d'élus peuvent s'effectuer dans des délais très brefs. La durée minimum d'attribution d'un logement est dans certains cas de seulement un mois."

Un tel bilan, bien que lissé par l'administration parisienne, donne à penser que la ville n'en a pas encore terminé avec ses vieux démons : comment ne pas exiger la transparence ?

Dans cet esprit, nous avons suffisamment combattu les errances dogmatiques des Verts, notamment en matière de transport, pour ne pas saluer aujourd'hui leur demande d'une publication de la liste des élus qui bénéficient d'un "logement social". Cette exigence embarrasse manifestement M. Jean-Yves Mano, adjoint au maire, chargé du logement. L'assimilant à de la "délation" [sic], il exhorte les Parisiens à ne retenir qu'un chiffre : celui des 30 000 logements sociaux financés sous la mandature Delanoë.

Pourquoi opposer les deux bilans ? Si la transparence, aussi citoyenne soit-elle, ne permet pas en soi une réponse au défi parisien du logement social, réduire la politique sociale du logement sur Paris au nombre de logement sociaux construits constitue un pis aller.

Il est de la responsabilité de La Gauche Moderne sur Paris de proposer une véritable politique sociale du logement inscrite dans le cadre ambitieux du Grand Paris et sur le socle duquel la mairie contribuerait à sortir de la crise actuelle au lieu de l'aggraver. 

Nous démontrerons dans un nos prochains articles que loin de lutter contre la "spéculation immobilière", qui lui rapporte une somme considérable par le biais des droits de mutation, la mairie de Paris par la rigidité de son PLU (Plan local d'urbanisme) en est la principale responsable. N'oublions pas que l'équipe Delanoë en baissant le COS (coefficient d'occupation des sols) dès 2001 a encouragé cette "spéculation" qui frappe de plein fouet les classes moyennes boutés (sans jeu de mot) hors des limites de la capitale.

Michel Leter