23.03.2009
Café politique du 17 mars
En présence de Jean-Marie BOCKEL, plus de soixante personnes étaient présentes au dernier café politique organisé par la fédération de La Gauche Moderne de Paris.
Serge FEDERBUSCH a tout d'abord présenté les deux intervenants au débat, Jean-Marie BURGUBURU, ancien Bâtonnier de Paris et Laurent BEDOUET, Secrétaire Général de l'Union Syndicale des Magistrats. Il a ensuite rappelé les résultats d'un récent sondage effectué dans plusieurs pays, qui place la France en avant-dernière position concernant le taux de confiance en la justice accordée par les citoyens, ceci juste devant la Turquie.
Jean-Marie Bockel s'est félicité du nombre et de la qualité du public. Il a dit qu'il appréciait le dynamisme de la fédération de Paris et l'organisation des cafés politiques puis il a souligné l'importance de la question d'une bonne justice dans la France d'aujourd'hui.
Monsieur Burguburu a d'entrée précisé que de nombreuses instances en France garantissaient l'indépendance de la justice. Il a ensuite posé le problème de la tentation des victimes de remplacer la justice par l'opinion publique, s'appuyant en cela sur le procès du drame de l'immeuble incendié à l'Hay les Roses, en l' occurrence une condamnation plus forte des jeunes impliqués n'était pas possible au regard de la loi. Il a souligné par la suite que "les juges donneurs de leçon de morale ne sont pas de bons juges".
Laurent Bedouet est intervenu en présentant son syndicat qui a obtenu 65% des voix lors des dernières élections professionnelles le rendant représentatif des magistrats Français. Il a souligné qu'il existe actuellement une véritable démoralisation du corps de la magistrature. Le budget de la justice s'élève à 6 milliard d'Euros contre 60 milliards à l'éducation nationale, 36 milliards à la défense et 3 milliards au ministère de la culture. Laurent Bedouet estime que cet effort budgétaire n'est pas suffisant. D'après lui, "la situation est désastreuse" par rapport aux autres pays européens du point de vue du nombre des fonctionnaires travaillant pour le ministère de la justice : dans certains secteurs 4 fois plus de personnes sont au service de l'institution en Espagne par exemple. Il regrette également l'état de délabrement de certains palais de justice.
Concernant la réforme du Conseil suprême de la Magistrature, tous les deux regrettent que les magistrats n'y soient plus majoritaires. D'après Jean-Marie Burguburu : "les politiques ont souvent peur des magistrats", sans raison véritable d'ailleurs.
Suite à une question posée dans la salle, il est précisé que la responsabilité pénale des magistrats est la même que celle de tout citoyen, leur responsabilité disciplinaire étant quant à elle engagée vis à vis de la profession.
Laurent Bedouet s'inquiète de la disparition prévue du juge d'instruction. Jean-Marie Burguburu rappelle que le problème du juge d'instruction est lié à sa solitude et aux erreurs d'interprétation qu'elle peut entraîner. Le Secrétaire Général de l'USM souligne le bon travail de la commission parlementaire d' Outreau. Il était favorable à la réforme prévoyant que les juges d'instruction travaillent de manière collégiale mais critique le fait qu'une réforme vienne changer totalement le fonctionnement des mises en examen au bout de seulement 6 mois, sans bilan de la précédente. Serge Federbusch soulève ensuite que les citoyens peuvent s'émouvoir du danger du corporatisme.
Jean-Marie Burguburu revient sur le problème de confiance en la justice et relie ceci à l'idée plus générale de la confiance mutuelle que se portent les différents groupes de la société. Selon lui, on va de plus en plus loin dans la mise en cause de responsabilités dans tous les domaines, ce qui est positif mais qui risque de tourner à la crise de défiance.
M. Jean-Pierre Dintilhac, ancien procureur général près la cour de Cassstion et directeur du cabinet du garde des sceaux, qui participait au débat, a mis en garde contre la volonté croissante de chercher un bouc-émissaire à tous les problèmes sociaux via la justice.
Serge Federbusch a conclu en soulignant que les problèmes de notre pays sont souvent engendrés par ce que l'on peut qualifier de " société de défiance ".
Rendez-vous à notre prochain café politique dont la date et le thème vous seront communiqués sur le blog.
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18.01.2009
Café politique
Le premier café politique de La Gauche Moderne Paris qui a eu lieu vendredi 16 janvier au "Café du Pont Neuf" a été un véritable succès.

Trois intervenants ont animé le débat:
Rachid Kaci, conseiller du Président de la République Nicolas Sarkozy, chargé de la politique de la ville et de la diversité
Masjid El Jaroudi, Président d'une association ayant pour but de favoriser le développement des entreprises créées dans les quartiers "difficiles"
Touria Jaaidane, Professeur d'économie à l'université de Lille
Serge Federbusch, animateur de la fédération de Paris, a tout d'abord exposé le principe du café politique puis a ensuite lancé le débat en présentant la diversité comme un moyen de lutter contre le communautarisme.
En guise d'introduction, Rachid Kaci a tenu à affirmer son attachement à une discrimination positive fondée sur l'origine sociale et non pas ethnique. Il a ensuite été question du danger du communautarisme, entraîné et renforcé par des groupes extremistes téléguidés de l'extérieur du territoire Français pour certains. La recherche de moyens de lutte contre cet état de fait doit se poursuivre, sachant qu'ils permettent quelquefois aux élus d'acheter une certaine paix sociale. Le conflit israélo-palestinien a été évoqué, conflit qui d'une certaine façon rend encore plus inopportune le discrimination positive ethnique. A ce propos, l'ensemble des participants s'est étonné de la présence, lors d'une manifestation récente, de membres du NPA et de membres dissidents du PS aux côté de sympathisants du Hamas.
Masjid El Jaroudi a présenté son action pour les entrepreneurs en faisant le parallèle avec une organisation américaine : "Spare Diversity" qui incite les entreprises importantes à diversifier les origines de leurs fournisseurs. L'objet de l'association en France est également de faire connaître les entrepreneurs des "quartiers" auprès des plus grandes entreprises.
Les participants étaient unanimes pour saluer la convivialité et la qualité de ce premier café politique.
Vous serez informés dès que la date du prochain café sera arrêtée!
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